Roadtrip de 2 semaines en Grèce continentale

Quand on pense à la Grèce, hormis sa capitale Athènes, on pense surtout à Santorin, Myconos, Hydra et toutes les autres… Mais la Grèce ne saurait se résumer à ses îles avec leurs bleus rivages sous un soleil abondant, dont on ne compte plus les amoureux. Pour connaître ce pays exceptionnel et cette civilisation dont nous sommes un peu les enfants, j’ai choisi de m’élancer sur les routes de la Grèce continentale. Une terre entre Méditerranée et montagnes, à la fois âpre et généreuse, actuelle et éternelle, à mille lieux d’un pays-musée, malgré son patrimoine historique et archéologique d’une richesse unique au monde. Un voyage sans ferry, mais pas sans émerveillement.

Après avoir récupéré la voiture de location, je m’élance en fin de journée vers la première étape de ce roadtrip de 12 jours. La Grèce antique, ça évoque quoi pour tous ceux qui n’ont pas fait d’études poussées en histoire ? La mythologie, des dieux et des demi-dieux, Apollon et Hercule, une grande civilisation qui savait cultiver l’amour du beau, des statues et des temples de marbre blanc, le berceau de la démocratie, les fondements de la langue française… Eh bien, c’est déjà un début !

Pour les plus curieux, un passage sur le site de Marathon, proche d’Athènes, peut être une première étape. Je décide quant à moi, de prendre la route plus au Sud.

Le cap Sounion, assister au coucher du soleil

Aux portes d’Athènes, la région de l’Attique déploie son littoral composé de criques et de plages aux pieds de montagnes. À 60 km d’Athènes, le temple de Poséidon se dresse majestueusement sur la pointe du cap Sounion et occupe un site marin admirable face à la mer Egée et aux Cyclades. Du rocher surplombant la baie, les Athéniens avaient l’habitude de surveiller la mer Égée et pouvaient apercevoir toute flotte suspecte faisant voile vers Athènes, bien avant qu’elle puisse l’atteindre. C’est pourquoi, tout naturellement, ils y avaient bâti un temple dédié à Poséidon, Dieu de la mer.

Mais le site est surtout connu pour une toute autre raison, liée à la mythologie grecque et à Thésée. ça vous dit quelques chose? (il sont loin les cours d’Histoire hein ?!)

La légende. Athènes ayant été vaincue par la Crète, s’était vue infliger l’obligation d’envoyer régulièrement, en pâture au Minotaure, sept jeunes gens et sept jeunes filles.
Le minotaure, un monstre à tête de taureau et à corps humain, était tenu enfermé par le roi Minos dans le dédale d’un labyrinthe d’où personne ne pouvait fuir, conçu et réalisé par Dédale, célèbre inventeur et architecte athénien.
Thésée, fils d’Égée, roi d’Athènes, compatissant à la douleur des parents dont les enfants étaient susceptibles d’être tirés au sort, décida un jour d’aller tuer le Minotaure. Pour ce faire, il se glissa dans le groupe des jeunes gens que la Grèce devait sacrifier au monstre, et arriva en Crète. Dès qu’Ariane (fille du roi Minos et demi-sœur du Minotaure) le vit, elle tomba amoureuse de lui et lui offrit son aide. Elle lui donna alors une pelote de fil qu’elle avait reçue de Dédale. Thésée, attachant une extrémité du fil à la porte, le dévida à mesure qu’il avançait. Ayant tué le monstre dans le Labyrinthe, il put retrouver son chemin, et en sortir sain et sauf. Egée, quant à lui attendait son fils au Cap Sounion. En effet, Thésée avait convenu, avec son père, que s’il sortait victorieux de ce terrible combat, il hisserait des voiles blanches sur son bateau. Mais s’il était tué, l’équipage devrait laisser au bateau ses voiles noires.
Égée, vit arriver au loin le bateau arborant de grandes voiles noires. Thésée, ayant oublié de hisser les blanches. De désespoir, Egée croyant son fils mort, se jeta du haut des rochers dans la mer, que depuis ce temps, on appelle la Mer Égée…  

Le Cap est un lieu grandiose qu’il est de coutume de le visiter au coucher du soleil, lorsque les couleurs de feu teintent ces magnifiques ruines!

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Temple d’Apollon au cap Sounion

Corinthe, son canal et son acropole

Mon périple me conduit ensuite à Corinthe, qui fut l’une des plus importantes cités de la Grèce antique. Elle fut la ville la plus puissante après Sparte et surtout la plus peuplée et la plus riche. La ville doit en partie sa prospérité commerciale à une position privilégiée : carrefour entre l’Attique et le Péloponnèse et entre la mer Egée et la mer Ionienne. Elles sont été reliées par un canal depuis la fin du XIXe siècle, à l’initiative de la France, cocorico! Honnêtement, on ne visite pas Corinthe pour la ville moderne (40 000 habitants), qui n’a pas grand intérêts à mes yeux. Par contre, l’arrêt photo est quasi obligatoire sur l’un des deux ponts suspendus qui surplombent le canal. Ici, étroitesse oblige, de petits remorqueurs doivent tracter les gros navires ou paquebots qui opèrent la délicate traversée de cet étroit couloir. La vue est super impressionnante! On est à 60 m au dessus du niveau de la mer! On peut d’ailleurs y faire du saut à l’élastique.

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canal de Corinthe

En sortant de la ville, je découvre cette région fertile, riche de vignobles et d’oliviers  à perte de vue! A 12 km, le site le plus intéressant se dessine bientôt, l’ancienne Corinthe et en hauteur, l’Acrocorinthe, l’acropole de Corinthe, bien moins connue que celle d’Athènes.

Sur le site en ruines de l’ancienne Corinthe, on distingue encore 8 des 38 colonnes qui formaient le temple dédié à Apollon. Au loin, à l’arrière plan, l’Acrocorinthe.

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l’ancienne Corinthe

Pour avoir accès au site le plus remarquable, il faudra être prudent et affronter les routes sinueuses pour accéder au sommet (600m) de la colline. Au sommet d’où la vue est splendide, se dressaient jadis de nombreux sanctuaires et temples, dont le principal était le temple d’Aphrodite. Ici furent donc construits une Agora grecque, puis une forteresse romaine et byzantine. La forteresse est défendue par un système de trois murs de ronde renforcés par des tours. Ce jour là, le lieu est désert (enfin, je ne suis pas convaincue qu’il y ait souvent foule ici!). En tout cas, c’est un plaisir de pouvoir errer dans ses ruines sans aucune contrainte d’accès ou barrières!

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forteresse de l’Acrocorinthe

La vue sur la vallée est à couper le souffle, autant que les ruines elles-même! Pour atteindre le sommet, il faut compter entre 1 et 2 heures (et bien plus s’il on est tentés par une pause photo toutes les 10 min)

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ça grimpe sec !

Entre Corinthe et Epidaure se situe Mycènes, qui peut aussi faire l’objet d’un stop, surtout pour découvrir la tombe d’Agamemnon.

Me voici désormais dans le Péloponnèse!

Epidaure et son théatre

A l’origine, ce lieu au milieu des collines était surtout le sanctuaire d’Asclépios, divinité de la Médecine. À l’époque, c’était une ville très réputée. Des pèlerins venaient à Epidaure de toute la Grèce dans l’espoir d’être guéris par Asclépios qui pouvait soit guérir pendant le sommeil, soit se manifester par des songes que les prêtres traduisaient ensuite en traitement. Ces traitements pouvaient s’accompagner de divertissements, bains, et exercices physiques. Les nombreux temples, sanctuaires et thermes ont assez mal traversé les âges, ici rares sont les colonnes sont encore debout :/ La visite du musée permet en revanche d’admirer les statues, chapiteaux et bas reliefs qui ont été trouvées lors des phases de fouilles.

Epidaure est surtout célèbre pour son théâtre du 4e siècle av. J.-C., exceptionnellement bien conservé, probablement le plus beau théâtre grec du monde antique. Le bon plan est de se mettre tout en haut, et que quelqu’un aille tout en bas sur la scène centrale, comme les orateurs et acteurs de l’époque. Et vous verrez que quand la personne sur scène parle normalement, sans crier, l’acoustique est parfaite! C’est complètement fou, et rend vraiment un grand hommage aux architectes de l’époque antique.

 

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le fameux théâtre d’Epidaure

Hermione

Depuis Epidaure, je me dirige vers la côte sud et la ville d’Hermione pour profiter de l’ambiance d’un petit port de pêcheurs. Les activités sont très limitées mais le spectacle appréciable! Au départ d’Hermione, j’avais prévu une traversée pour découvrir l’île d’Hydra, mais la météo capricieuse m’a apporté orage et torrents de pluie. Changement de programme nécessaire!

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Nauplie, ville de l’amour pour les Grecs

Nauplie est située à 135 km d’Athènes et donc moins de 2h, ce qui permet à de nombreux athéniens de venir en vacances mais surtout en week-end. Et oui, Nauplie est pour les Athéniens un peu le Deauville des Parisiens ou l’Arcachon des Bordelais 🙂 Le temps fort de mon passage ici a été la visite de la Forteresse de Palamède. Ce fort domine toute la ville de Nauplie et la plaine de l’Argolide avec ses 286 m d’altitude. Elle est composée de 8 bastions indépendants qui sont en fait à des hauteurs différentes afin qu’ils puissent se défendre l’un l’autre. La vue est magnifique !

Face à la ville, vous apercevrez une petite île appelée l’îlot Bourdzi. C’est en fait une sentinelle de pierre qui a été construite par les Vénitiens en 1473 pour la première partie, et aux alentours de 1700 pour la tour polygonale la plus haute. Elle est aujourd’hui un lieu d’expositions temporaires.  Son objectif était surtout de protéger le port, doublant la protection assurée d’en haut sur l’Acronauplie.

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Le port de Nauplie et l’îlot Bourdzi

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Du haut de la Forteresse de Palamède, la vue sur la citadelle de l’Acronauplie est impressionnante !

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L’Acronauplie

Mistra et ses monastères byzantins

La cité historique de Mystra, située à 5 km de Sparte, est vraiment un lieu à visiter en Grèce ! Cet ensemble de monastères byzantins et la forteresse qui les surplombe sont vraiment des bijoux architecturaux. Il est facile de passer plusieurs heures ici, à errer et s’imaginer à une toute autre époque! Il faut savoir que la vieille ville est divisée en 2 parties : la ville haute et la ville basse.

Ville basse de Mystra. La partie basse est surtout composée d’édifices religieux tel que des églises et monastères, … qui sont justement très très bien conservés.

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Ville haute de Mystra. Dans la ville haute, il y a essentiellement le château. Ce dernier est très sympa avec notamment une vue magnifique sur toute la cité et un superbe panorama sur la plaine agricole de Sparte et la montagne de l’autre.

Le site d’Olympie

A mon grand regret, le site est en bien mauvais état. Il est bienvenu de visiter le musée, qui présente une maquette reconstituée des lieux, avant d’aller sur le site archéologique.

Ici trônait un magnifique temple à la gloire de Zeus, abritant la fameuse statue du dieu façonnée par le sculpteur Phidias. Faite d’or et d’ivoire (chryséléphantine), haute de 12,40 mètres, elle faisait partie des 7 merveilles du monde antique. Pour ce temple, le plus impressionnant c’est sans doute l’accumulation des tambours de colonnes à terre. Une seule colonne a été restaurée et reconstituée par des archéologues allemands, pour mieux se rendre compte de la hauteur de l’imposant temple de l’époque.

Ruines du temple de Zeus
 

Devant le temple dédié à la déesse Héra, se trouve un rectangle d’herbe entouré de larges pierres. C’est là que se déroulait la cérémonie d’allumage de la flamme Olympique. C’est encore le cas tous les quatre ans pour nos jeux olympiques modernes.

 

Temple d’Héra et stèle départ de la flamme Olympique

Par un passage voûté, on atteint ensuite le stade, de dimensions impressionnantes (213 mètres de long et 29 de large), le plus grand du monde antique. Là il faut s’imaginer la foule sur les pentes des talus. D’un côté, des vestiges de l’emplacement réservé aux juges. Il reste encore les lignes d’arrivée et de départ, matérialisées par des sortes de dalles de pierre striées. Vingt coureurs pouvaient prendre le départ.

Les Météores

Pour admirer les monastères des Météores, il faut atteindre le nord du pays. Ce lieu est pour moi celui qui représente le mieux la Grèce continentale et sa nature extraordinaire. Un pays montagneux à 75 %, avec ses lacs et ses petites villes pittoresques. Un pays non industrialisé ou les gens vivent aux rythmes des traditions séculaires.

Géologie des météores. Ces hautes montagnes en forme carrée avec un étroit plateau au sommet sont des roches sédimentaires faites de 50% de de débris arrondis (galets, pierres etc) liés à un ciment noir sableux. Il y a quelques dizaines de millions d’années, un grand fleuve a déposé au fil du temps galets, graviers et sédiments. Ce fleuve s’est jeté dans la mer et les sédiments sont devenus compactes avec le temps sous l’effet de la pression et de la chaleur. L’érosion et les vibrations séismiques ont fait le reste, modelant des blocs de grès arrondis de différentes tailles.

Les monastères des MétéoresC’était tout simplement le refuge des villageois des alentours lors des diverses invasions. On a la trace des moines sur les rochers dès le 9e après J.C. Ils avaient l’habitude de vivre en ermites dans les grottes formées naturellement sur les versants verticaux de ces hauts rochers de 550m. Au total, ce sont 20 monastères qui ont été bâtis mais seulement 6 perdurent encore de nos jours.

Quel plaisir de se balader ici, quel émerveillement! S’il est impressionnant de les admirer d’extérieur, c’est d’autant plus grandiose de se promener à l’intérieur. Les murs de briques, les peintures murales colorées, les gravures en or. Tout est à couper le souffle!

Le sanctuaire de Delphes

Delphes est la dernière étape de mon périple grec. Et quoi de mieux que de terminer ici, dans ce haut lieu de la mythologie ! Le lieu est à la fois si passionnant, si riche de monuments et si enchanteur!

La légende du nombril du monde. Delphes fut fondée par Zeus. Désireux de déterminer le centre de la terre sur laquelle il régnait, Zeus envoya deux aigles qui la survolèrent et se croisèrent à  proximité du Mont Parnasse. Ils définirent ainsi le centre de l´univers à  Delphes.
Selon un hymne homérique, Apollon éleva son premier temple à Delphes après avoir tué Python, le redoutable serpent gardien du sanctuaire de Gaia. Respectant la loi qu´il avait lui-même instaurée, Apollon s´exila pendant huit ans pour expier son crime. Puis il revint en maître absolu des lieux, devenant Apollon Pythien dont les oracles étaient interprétés par une femme sélectionnée pour sa vertu et sa chasteté, la Pythie.

Dôme représentant le centre du monde pour les Grecs anciens (au musée)

Les Oracles de la Pythie. Dans les premiers temps, on n’interrogeait la Pythie qu’à de rares intervalles, guère plus d’une fois par an. Peu à peu, néanmoins, le dieu prit l’habitude, durant l’été de répondre chaque septième du mois, sauf au cours des trois mois d’hiver, durant lesquels Apollon était censé quitter Delphes. Quand les signes se montraient favorables, on introduisait la Pythie dans l’antre du dieu, femme choisie parmi les jeunes filles les plus ignorantes de la région. En réalité c’était à l’origine une vierge. Après s’être purifiée dans l’eau de la fontaine Kastalia et dans les fumées d’un feu de laurier et de farine d’orge, après avoir mis dans sa bouche une feuille de laurier, la Pythie prenait place sur le trépied sacré. Les consultants, conduits auprès d’elle à tour de rôle, posaient leurs questions : enivrée par les vapeurs qui, échappées du sol, emplissaient son séjour, en transes, elle parlait en un langage incompréhensible. Il fallait que les prophètes remettent à chaque interrogation la transcription officielle, toujours fort obscure.

Dans la vallée se trouve le temple d’Athéna où se dresse la tholos de Delphes.

Sur un chemin escarpé, la Voie Sacrée nous conduit au temple dédié à Apollon. Le long du chemin qui grimpe sur la colline se trouve le théâtre encore bien conservé, puis tout en haut, le stade où se déroulaient les jeux Pythiques, en l’honneur d’Apollon.

Le musée du site recèle de milliers d’objets issus des fouilles. On y admire multitude de poteries, de bronzes, et d’immense statues parfaitement bien conservées de Socrate, et de nombreux autres empereurs.

 

Alors, un saut en Grèce, ça vous tente ?


La Grèce continentale est magnifique! Vergers d’agrumes ou d’oliviers à perte de vue, reliefs, routes sinueuses et côtes envoutantes sont autant de raisons de faire de la Grèce votre prochaine destination de vacances. Voyager en Grèce et découvrir les sites mythiques vous raviront si vous aimez allier vacances nature et découvertes culturelles. Mais, pour que vos visites des sites archéologiques soient intéressantes, il faut faire preuve de deux choses : d’un peu de curiosité et de beaucoup d’imagination 😉 !

 

 

  • Je m’appelle Fanny et j'ai 30 ans. Curieuse de nature, j'aime les sensations que procurent les voyages, la photographie, les jeux vidéos, dessiner, l'honnêteté et la couleur rouge :).Je débute une nouvelle aventure au Canada. Tu pourras suivre sur ce blog mes aventures et découvertes nord-américaines.

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