Passage de la Thaïlande au Laos: deux jours sur Mékong jusqu’à Luang Prabang

Quand on voyage en Asie, pour qui veut trouver une alternative à l’avion qui ne fait pas vraiment « aventurier en mode sac à dos », il est courant de voyager sur les grands axes en train ou en bus. Pour passer au Laos, j’ai opté pour une expérience hors du commun, hors du bitume : le slowboat, une longue embarcation en bois au confort sommaire. Ce fut pour moi l’occasion de me mélanger avec des backpackers de toutes origines, mais aussi des locaux qui empruntent régulièrement ce trajet. Retour sur ce périple aussi paisible qu’inoubliable!

Trajet et tarifs.

Bus depuis Chaing Raï : Il est simple de prendre un bus local pour Chiang Khong, dernière étape avant de passer au Laos. Coût 65 baths.La durée du voyage est d’environ 2 heures.

Rejoindre la frontière : Le bus me laisse le long de la route principale, à 5km du poste frontière. C’est une mauvaise surprise car je ne peux pas marcher sous cette chaleur humide avec mes deux sacs qui pèsent quand même presque 20 kg. Bien sur à cet endroit, les chauffeurs de tuktuk attendent les touristes et backpackers qui n’ont d’autre choix que de payer les 50 baths demandés, un prix exorbitant pour une si courte distance. Et ils sont catégoriques, pas moyen de négocier!!

Sortir de Thaïlande : Une fois arrivée au poste frontière côté thaïlandais, après les contrôles de routine du passeport, j’obtiens le fameux tampon et autorisation de sortie, c’est parti !

Traverser la frontière du côté laotien : Il faut ensuite traverser le poste de contrôle pour traverser le « Friendly Bridge », le pont de l’amitié qui enjambe le Mékong et qui sépare les deux pays. Pour ce faire, la traversée de dix minutes en bus coûte 25 baths. J’arrive enfin à Huay Xai, au Laos.

Entrer au Laos : là, au poste frontière, il faut donc payer le visa pour entrer dans le pays. Il coûte 30$, sauf si on arrive après 16h ou le weekend, auquel cas il faudra rajouter 1$ supplémentaire … Après avoir rempli la paperasse et fourni une photo d’identité, un petit quart d’heure d’attente est nécessaire pour récupérer le précieux sésame!

Rejoindre Huay Xai : là encore, du poste frontière, il est nécessaire de prendre un tuktuk pour rejoindre la petite ville. Toujours pas de négociation possible, il faut payer les 25 000 kips demandés pour monter.

Après avoir passer avec succès toutes les étapes et en avoir fini avec le « racket organisé », je peux enfin souffler. Une nouvelle aventure m’attend au Laos 🙂

La traversée. Que la croisière s’amuse !

Le trajet entre Huay Xai et Luang Prabang (environ 500km) se décompose en deux journées de navigation et coûte 210 000 kips, soit environ 21€.

Pour cette première journée, je me lève assez tôt pour prendre un copieux petit déjeuner non loin de l’embarcadère (je redécouvre le pain!! au laos, il est très bon) et avoir le temps de faire quelques courses avant le départ. Sur le bateau, on peut acheter quelques provisions mais à un prix assez élevé. Une fois chips, sandwichs et bières achetés (oui, il faut aussi savoir se faire plaisir ;)), j’arrive à l’embarcadère vers 10h pour réserver mon ticket.

La croisière se fait à bord d’un « Sampan » , un navire tout en bois dit « à longue queue, » au toit gracieusement incurvé. À l’embarcadère de Huay Xai, je découvre pour la première fois notre bateau de croisière entassé parmi plusieurs autres sampans de toutes les formes et couleurs. Les places sont sensées être numérotées mais ça n’est visiblement pas respecté. On m’avait préalablement conseillé d’arriver tôt pour pouvoir choisir ma place, vers l’avant, le plus loin possible du moteur qui fait un bruit monstre! Le départ est donné vers 11h30, le bateau est plein à craquer et, à ma grande surprise, plutôt spacieux. Les sièges sont en fait des anciens fauteuils d’avion!

C’est parti pour 7h de bateau et d’enchantement sur le Mékong. Les paysages sont tout simplement magnifiques. C’est un peu comme si le temps était en suspens. On a le temps d’observer l’horizon, de parler et de jouer aux cartes avec les voisins, de lire, d’écouter de la musique et tout ça sans être malade ! Et croyez-moi ça n’a pas de prix ! Le rythme est doux et paisible, on a le temps de prendre le temps et franchement, ça fait un bien fou !

On est environ 40, l’ambiance est géniale. De nombreux locaux montent et descendent au fur à mesure. Je suis en pleine insertion dans la vie quotidienne des laotiens.

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Le Mékong est très rocailleux et assez dangereux, je ne pensais pas qu’il y avait autant de courant. J’ai choisi l’option « tranquille » pour cette traversée, mais chaque année, de nombreux touristes privilégient les Speedboat, ces hors-bords ultra rapides. Malheureusement, les accidents mortels sont nombreux.

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Je suis étonnée de découvrir cette région montagneuse, très verte. Sur les côtés, on observe les agriculteurs, éleveurs et pécheurs vaquer à leurs occupations. Sous la chaleur, les buffles font trempette dans l’eau. Le temps est changeant et la météo capricieuse. Le soleil brûlant laisse rapidement place à de gros nuages menaçants. Un gros orage éclate, il nous faut baisser les bâches en plastique pour nous protéger. Je fais un tour sur le bateau pour me dégourdir un peu les jambes, la salle des machines et le moteur sont noyés sous environ 5 cm d’eau. Tout cela est très artisanal, mais visiblement ça fonctionne bien, je croise quand même les doigts, des moteurs ont déjà pris feu et explosé … :/

En fin de journée, escale obligatoire pour tout le monde à Pakbeng. Ce petit village voit sa population fortement augmenter tous les soirs au rythme des arrivées des slow boats. Et inversement, tous les matins, le village se vide avec le départ des voyageurs !Il n’y a qu’une rue principale et franchement rien à faire à part se reposer et récupérer un peu.

2ème jour. Rebelote, on se lève tôt pour s’assurer des places correctes dans le bateau. Ce qui nous laisse le temps de savourer croissants, pains au chocolat, muffins, œufs et divers sandwichs en guise de petit-déjeuner. Bon c’était franchement pas terrible, et assez cher aussi ! Nous partons vers 10h pour Luang Prabang. Lors d’un arrêt nous rencontrons cinq petits enfants laotiens, tout excités et les plus heureux au monde lorsqu’on leur envoie à chacun un petit paquet de chips. Ces interactions et ce voyage poussent à remettre beaucoup de choses en question…!

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On arrive en milieu d’après-midi au débarcadère de Luang Prabang. Mafia oblige, le bateau ne nous dépose pas dans le centre comme c’était le cas auparavant, mais à une dizaine de kilomètres de là, histoire que les tuk-tuk puissent se régaler avec nos têtes de pigeons fraîchement débarqués au Laos ! Et oui c’est encore 20.000 kips par tête de pipe ! Les chauffeurs attendent d’avoir embarqué avec eux 5-6 touristes et se dispersent vers les différentes guesthouses.

Les jours suivants, je découvre Luang Prabang, l’ancienne capitale du pays, largement influencée et marquée par la colonisation .. française! L’article sur Luang Prabang, c’est par ici!


Sur le Mékong, le temps passe vite et le panorama vaut le détour. Les reliefs recouverts d’une végétation dense et tropicale contrastent avec l’eau boueuse du grand Mékong. Au gré de nos escales, nous pouvons apercevoir des petits villages, des familles qui vivent très modestement le long des rives, des enfants qui pêchent au bambou, les vieilles dames qui vendent du poisson à la volée. C’est un magnifique voyage qui permet de découvrir le Laos autrement. Je conseille fortement cette expérience inoubliable!

  • Je m’appelle Fanny et j'ai 30 ans. Curieuse de nature, j'aime les sensations que procurent les voyages, la photographie, les jeux vidéos, dessiner, l'honnêteté et la couleur rouge :).Je débute une nouvelle aventure au Canada. Tu pourras suivre sur ce blog mes aventures et découvertes nord-américaines.

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